16 avril 2007

Panajachel (Lago de Atitlan)

Le franchissement de la frontière guatemaltèque marque une vraie rupture ; presque pas de transition donc, entre un Mexique tout compte fait assez développé et un Guatemala très très pauvre et traditionnel.
On retrouve pourtant des deux côtés de la frontière les peuples mayas : au Chiapas et dans tout le Guatemala.
Côté guatemaltèque , tous (ou presque) sont mayas, en costume local très coloré et parlant une des 21 langues maya (et parfois un peu d'espagnol). Côté Mexique, la population est plus mélangée car on rencontre aussi beaucoup de metis ou d'espagnols.

La misère est ici bien plus criante qu'au Mexique.
Les hommes et les femmes longent les routes dans leurs habits traditionnels, portant le bois qu'ils ont coupé dans les forêts ou de lourds sacs de café qu'ils ont récolté. Ils parcourent ainsi des kilomètres à pieds chargés comme des mules.
D'autres improvisent des carrières sur les bas côtés : sable, cailloux, graviers. Les gros cailloux sont cassés pour en faire des plus petits (casser des cailloux à Cayenne disait Higelin.....aujourd'hui encore au Guatemala ). Ils font plusieurs tas, fonctions du calibre et attendent ensuite près des potences celui qui viendra leur acheter quelques kilos de caillasse.....

Nous poursuivons notre route à toute berzingue. Je colle le nez à la fenêtre. Le dépaysement est total, et un profond sentiment d'impuissance et de tristesse me tenaille. Toutes ces vies de misère que nous croisons sur notre route.... Et cette esthétique de la pauvreté!Il faudra qu'on m'explique peut-être pourquoi ces images de misère, parfois de désolation sont si belles quand elle devraient être si moches...Ou est-ce moi qui déconne?

Après 5 heures de voyage nous arrivons sans plus y croire à l'embranchement pour Panajachel : la route descend, encore un petit quart d'heure, nous apercevons enfin le lac Atitlan : SPLENDIDE!!!!.

La première étape sera donc à Panajachel, pas vraiment l'endroit rêvé : c'est LE village touristique surnommé "gringotenango". De chaque côté de l'artère principale des vendeurs d'artisanat : sac, hamac, jupe, tapis, couvertures, bijoux. Les vendeurs nous interpellent : "Que le damos? Pasale! Hay varias colores! Buen precio!"
De fait tout est très joli et très bon marché ....Je resiste (il est question d'aller au marché de Chichicastenango pour les achats souvenirs...).
Nous sommes dimanche, c'est la fin de la semaine sainte.....nous arrivons après le grand bordel. Nous arrivons, la plupart s'en vont, laissant derrière eux dans les rues et sur les plages, quantité de déchets.....Certaines échopes étaient provisoires, on démonte et on remballe, jusqu'à cette cabane de tôles et de planches de bois qui une fois démontée nous laisse découvrir des WC posés sur des trous creusés dans le sable....ne reste plus qu'à repartir avec les WC et reboucher les trous...un moyen de gagner sa vie...
Avec Papito on se promène sur les bords du lac, c'est déjà le coucher du soleil...

Ici aussi des femmes viennent ramasser sur les bords du lac quelques branches échouées...... D'autres, des vacanciers guatemaltèques ou mexicains sans doute, profitent jusqu'au dernier moment des eaux du lac.
Le lac Atitlan tire sa beauté légendaire (la plus beau lac du monde, dit-on...) des montagnes qui l'entourent (dont 3 volcans) et de ses reflets magnifiques. Grand de 19km sur 12, le lac connait des vagues et des tempêtes. Il est même fortement déconseillé de naviguer après 5h car alors le Xocomil (vent du lac) se lève et peut provoquer des creux de 2 mètres.

Le lac atteindrait par endroits des profondeurs de 600 mètres!

Voilà pour ces mensurations....

Je vous laisse admirer :
Au loin, derrière les embarcadères, les silhouettes du volcan Toliman (3134m)et juste derière lui le volcan Atitlan(3537m).

L'activité autour des embarcadères :
On trouvera un hotel correct pour la nuit.. plus difficile par contre de retirer des Quetzals. Après la semaine sainte, les trois distributeurs de la ville sont vides! Heureusement qu'on avait emporté qqs euros et dollars ...

Le lendemain matin après un bon petit déj on embarque pour San Pedro à 45 minutes en lancha : de l'autre côté du lac.


La chica prête à embarquer (à gauche derrière le volcan Toliman, à droite le San Pedro au pied duquel se trouve le village vers lequel nous faisons cap):

Les embarcadères de Panajachel au matin :
Vue sur le lac et le volcan Toliman (un peu dans les nuages) :
Vue sur le volcan San Pedro depuis le milieu du lac : nous sommes à mi chemin. San Pedro est en bas à droite du volcan :

3 commentaires:

Unknown a dit…

Dur !
Dur de réussir à profiter pleinement de ces vacances avec le sentiment de culpabilité de d'impuissance que tu exprime si bien...

Merci de cette vision crue qui remet les idées en place à nous, pauvres occidentaux habitué à tout et tout de suite.

superbes photos, mais aucune ne peut être agrandie... arg! Même celle ou tu poses sur ce ponton improbable ...

Emmanuelle a dit…

Bin ouai mais je sais pas comment faire pour qu'on puisse les agrandir!....Je les télécharge toutes de la même manière, des fois ca marche, des fois pas!
Désolée!

Anonyme a dit…

ben on s'embête pas au Mexique, du rêve rien que du rêve à travers tes photos. la misère se sent mais surtout se subit, j'te dis la révo rein que la révo assez de vivre dans un système ronger par le fric... ben on pensera à toi pour le vote.