27 janvier 2009

MAJAHUAL : entre paradis et enfer

Un couple de Mexico nous donne un "aventon" et nous emmène de Bacalar à Majahual dans leur voiture en compagnie de leur sympathique chien avec qui nous faisons le voyage entassé à l'arrière avec les sacs à dos...
Majahual est un petit village sur la cote caraibe à 1 h 30 de route de Bacalar à la frontière avec le Belize (mais ici il n'est pas possible de passer la frontière). Il y a 1 an et demi l'ouragan Dean qui menaçait Paya del Carmen et Cancun est finalement passé plus au sud. Ici il n'y a pas de grand hôtels ni des masses de touristes, on s'est donc désintéressé.
Dean a tout ravagé, tout détruit, les maisons mais aussi la mangrove qui bordait la cote sur des kilomètres.
On ne voit maintenant que bois mort. Les cabañas sont peu à peu reconstruites mais la nature a pris cher.
Certes, la mer est toujours belle, la barrière de corail à 200 mètres de la cote abrite toujours de magnifiques poissons colorés mais cette forêt de bois mort fait une triste impression.
Notre hôtel n'est pas terrible. A quelques kilomètres en stop nous trouvons encore une fois un fabuleux restaurant tenu par des hollandais. De la grande grande bouffe au Travel In! Nous prenons rendez vous tous les soirs.


Le plus étrange à Majahual, vous aurez peut-être la chance d'y échapper, c'est quand, 2 fois par semaine, un gigantesque bateau de croisière vient débarquer des centaines d'américains obèses. Vision improbable car il n'y a rien ici, nous ne sommes pas à Cozumel : pas de magasins, pas d'infrastructures....
De jeunes guides genre club med les emmènent en jeep vivre le grand frisson et voilà que des dizaines de jeep viennent se garer devant notre petit hôtel ..... le cauchemar. S'ensuivent de lourdes plaisanteries, des jeux débiles, bêtise et vulgarité rivalisent dans un petit coin de paradis.
Au secours!!!!!!!! nous retournons à Bacalar.

PLAYA DEL CARMEN

Dernière étape avant de retrouver Cuernavaca. On s'offre un bel hôtel pour 2 nuit à Playa del Carmen : pas trop le choix en fait, tout est plein....
Bons restos, plages et snorkeling entre poissons et tortues de mer.
On croise Mickael, (collègue de l'école, à droite sur la photo), qui prendra ces belles photos de nous....

BACALAR

Bacalar est un petit village ou bord d'une lagune aux eaux turquoises : magnifique! De l'eau douce, transparente et bien peu de monde pour admirer les 7 couleurs de la lagune qui, sur plusieurs kilomètres, n'est bordée que de jungle. L'endroit est sauvage.
Nous débarquons au village, une espagnole nous propose un lit dans un hostal pourri pour 3 fois rien. Le lendemain une cabañas se libère et nous déménageons à quelques kilomètres du village dans une des 5 luxieuses cabañas de l'écotucan.





L'endroit est vraiment magnifique. Baignade, promenade en canoë, ballade dans la jungle, bonne bouffe (deux jeunes allemands préparent de fabuleux diners) et longues discussions avec les sympathiques propriétaires et d'autres voyageurs chanceux...


Nous restons deux nuits et revenons le 31 décembre pour un inoubliable repas de réveillon dans un endroit vraiment vraiment magnifique et paisble.

Belize..... fuyons!

N'écoutez pas le chant des sirènes bélizéennes : le Belize c'est à éviter absolument!

D'abord, il nous a fallu rejoindre la frontière .
Nous avons attendu un combi sur le bord de la route. Quelques uns sont passés sans s'arrêter.
Et enfin.... un petit combi de 12 places s'arrête. Le chauffeur prend nos sacs,, les balance sur le toit, les portes s'ouvrent....et où on s'met, nous????? En plus des gens entassés les uns sur les autres assis sur les sièges et les genous, d'autres voyagent debout, pliés en deux. On fait pareil, on serre les fesses et rentre le ventre pour que la porte ferme. Je compte : nous sommes 32!
La piste n'est pas terrible jusqu'à la frontière, dur voyage mais 2 heures de route c'est finalement supportable.
Nous voyageons avec des gens du coin qui vont au village voisin ou avec des voyageurs solitaires d'amérique centrale qui tente de passer la frontière.

Il faut passer un fleuve, changer nos quetzals en dollars bélizéens sans trop se faire arnaquer et faire tamponner nos passeports.
Drole d'endroit. Pas franchement tranquille. On se sent vulnérable, pas vraiment détendus.
On chope un taxi puis un car pourri qui après 5 heures de route nous débarquera à Belize City vers 10 heures du soir.


Le Belize c'est une planète à part au coeur de l'amérique centrale : ils causent un américain avec une touche de créole et d'espagnol. Ils écoutent du reggae et ont des dread locks. Ils sont noirs. Ils vivent dans des maisons en bois (genre louisiane) toutes déglinguées. Ils ressemblent aux noirs américains avec leurs casquettes, leurs sweet shirt trop grands de grandes universités américaines. Ils te parlent et tu as toujours l'impression de te faire agresser. Les rues de la capitale sont en terre battue, pas une seule maison en bon état, un seul hotel dans toute la ville...les autres sont des guest house où je ne passerais pas la nuit!
On a réussi à manger un hot dog, à se faire raquetter par un type qui jouait au fou et puis on a fuit le plus vite possible.....direction le Mexique, Chetumal. Et on se dit en arrivant que le Mexique c'est quand même un pays relativement riche et sécurisé où il fait bon vivre!

Et au milieu des noirs bélizéens, de curieuses extra terrestre ménonites.....

Flores - Tikal

Un combi guatemaltèque pas si bondé que ça nous a donc emmené à Flores : LA jolie et riche ville du Guatemala. Pas grand chose ne vous dit que vous êtes ici au Guatemala sinon ces petites motocyclettes qui vous emmènent où vous voulez pour 10 quetzals. Mais ici, les étrangers (allemands notamment) se sont installés, ont acheté les maisons et ouvert des restaurants et des hôtels. C'est joli mais pas franchement typique. Une ile au milieu d'un lac, reliée par un pont : voici Flores. Je suis pas fan, vous l'aurez compris. Des copains m'avaient conseillé El Remate sur une rive du lac...mais nous n'avons pas trainé dans le coin.Tikal, à quelques kilomètres de Flores, nous attendait.Tikal est une des plus grandes cité mayas. Jusqu'à 100 000 habitants ont habité ici. Les pyramides sont dispersées au milieu de la jungle (sur 60 km2!!!!!!!), dans un parc national aujourd'hui bien organisé et protégé car on trouve ici de nombreuses espèces animales protégées : le toucan bien sur mais aussi le jaguar et de nombreux singes.Il faut une bonne journée pour tout voir car il faut marcher parfois 30 minutes pour aller d'une pyramide à l'autre. Et ici comme à Palenque, seule une petite partie de la cité a été mise à jour.Les pyramides sont hautes, très hautes, vertigineuses même.Et ici, pas vraiment de réglementation comme au Mexique pour protéger le touriste imprudent qui pourrait se tuer. Vous pouvez grimper ... à vos risques et périls. En haut, pas de barrières, on s'agglutine, collés au mur.Ne pas regarder en bas, surtout.Tikal, c'est grandiose, c'est impressionnant...mais je préfère les pyramides et la jungle de Palenque, ou le monde perdu de Yaxchilan.
Tout petit échantillon d'une fourmilière géante.

Et, cachés là haut dans les feuillages, les singes font la bringue!

26 janvier 2009

Yaxchilan

De Palenque, suivez la Carretera Fronteriza qui longe la frontière avec le Guatemala. 3 heures de route magnifique pour arriver à Frontera Corozal, un bled affreux qui s'étend sur des km2, avec de larges avenues de terre. Il n'y a rien, pas un troquet, pas une mobylette, juste un vieux taxi et 2 hotels : un hotel-cabañas plutot miteux, un autre plus correct sur les bords du rio Usumacinta qui forme la frontière avec la Guatemala. Frontera Corozal est un Ejido lacandon, à peine sorti de son isolement, il s'ouvre doucement au tourisme. Ici les habitants parlent peu espagnol, on ne vend pas d'alcool et comme le dit la carte du seul restaurant, on ne sait pas encore bien comment accueillir le touriste et on s'en excuse....
Le bled est affreux mais les berges du fleuve sont magnifiques. Des lanchas attendent pour vous emmener à Yaxchilan.....


On part au petit matin, dans la brume. 2 mexicains, genre Perez y Perez (version locale de Dupond et Dupont) partagent notre lancha.
1 heure et 22 km pour remonter le fleuve, à gauche le Mexique, à droite le Guatemala. Ici c'est kif kif bourricot, la jungle des deux cotés. Et on s'dit qu'il vaudrait mieux pas tomber en panne de moteur, qu'il doit y avoir des crocodiles et pas grand monde pour nous entendre!
Gilles fait la gueule mais il est content, en fait........c'est qu'il a froid! Il n'a pas pris sa petite laine.
Et nous voilà arrivés. Un escalier monte et s'enfonce dans la jungle vers la cité du Pajaro Jaguar : Yaxchilan.
Moi j'ai adoré! On se sent tout perdu, tout petit dans un autre monde, transporté 1400 ans en arrière au fin fond de la jungle. Et puis il n'y a personne, nous sommes les premiers sur le site.....les moustiques et les singes habitent les lieux
En levant la tête, on les voit qui s'agitent et se balancent dans les arbres : des singes araignées!





Nous repartons quand la foule arrive....la foule,... enfin.... une trentaine d'intrepides tout au plus!
Nous traversons le fleuve avec la même lancha pour rejoindre le Guatemala et le petit village de Bethel. Impression glauque, on ne traine pas, on change quelques pesos pour des Quetzals et on grimpe dans un combi direction Flores.
Le Guatemala est devenu un pays dangereux, et il vaut mieux éviter de trainer la nuit dans un petit village. Remi en aura fait les frais : poursuivi à 1 heure du matin par un type avec une machette.....la peur de sa vie!
En fait, en plus des problèmes internes au pays, le Guatemala subit la violence importée du Mexique. Les cartels mexicains ayant peu ou prou pris le controle du pays, l'armée guatemaltèque n'a pas les moyens de s'opposer à ces groupes surarmés et pleins de dollars...
Bref, ici encore plus qu'au Mexique, la loi et l'autorité sont absents et ça se sent....