Isabella levait sagement la main depuis qqs instants, j'ai fini par lui donner la parole : "Emmanuelle, !un alacran ...."
Alacran, alacran.....j'ai déjà entendu ce mot là ....mais où, quand, qui? Le mieux était d'aller voir....Il était là effectivement sous sa chaise, pas bien loin de ses petits pieds nus dans ses sandales qu'elle maintenait en hauteur pour qu'ils ne touchent pas le sol...J'ai vraiment eu des sueurs froides parce qu'il était bien plus gros que ceux que j'avais déjà vu au Chiapas et à chichinautzin....J'ai bien compris que j'étais la plus grande, que je ne pouvais compter sur personne, que c'était à moi d'agir....alors avec ma tongue à la main, je te l'ai aplati comme une crêpe dentelle. A la récré j'en ai parlé à Jean Louis et la réponse fut celle -ci : "oui oui ca commence à être la saison des scorpions il faut faire attention ...."
Bon............ bin...... on va faire attention.....
Au tajin en tous cas pas de scorpions, pas de mala onda, que du plaisir.........
Vendredi soir on est donc parti à Mexico avec Steph : apéro et petit resto-cafet à Coyocan jusqu'à une heure trop avancée pour espérer trouver encore un métro....on a pas mal marché (3coupures successives d'électricité nous ont plongées dans le noir)....on a fini par se dire que ce n'était pas bien prudent de errer dans Mexico la nuit et on a attrapé un taxi dans la rue (chose qui n'est pas beaucoup plus safe....mais bon). Le taxi n'était pas volé, on ne s'est pas faites agresser et on est bien arrivées chez Almitri, un pote de Steph.....
Soirée chouette chez ce musicien originaire de Juarez (trou à la frontière avec les USA). Almitri est aussi le cousin de Kristos, coloc de Steph et chanteur de la scène musicale de cuerna. Mais là je sens que je vous embrouille...
L'appart était d'une crasse épouvantable mais l'accueil fut chaleureux, comme toujours avec les mexicains....Un an après son arrivée tout est encore dans des cartons et la seule pièce habitée (sur 4) est sa chambre où se trouvent l'essentiel : lit, guitares, chaîne Hifi et un joyeux bordel.
Le lendemain petit déj dans la rue et zououou, 5 heures de car pour Poza rica. Là, petite halte pour manger dans une cafet de supermarché, qqs courses de survie et zououou un colectivo jusqu'au Tajin.
Super ambiance dans ce colectivo blindé de monde : des gens pour la Cumbre (le festival) et puis des gens qui rentrent du taf, de courses en ville ou je ne sais quoi.....Un des types est sacrément bourré, il se charge depuis l'arrière du bus d'avertir le chauffeur quand quelqu'un veut descendre par un : oooooooOOOOOOOOOééééééééééé!
Il finit par demander l'arrêt pour lui même au milieu de nulle part : il descend du bus, fait une dizaine de pas dans le champ qui borde la route et s'effondre....Le car entier explose de rire.....je parierai presque qu'il y est encore!
Bon, on arrive au Tajin vers 8 heures du soir, c'est la folie, il y a énormément de monde qui arrive de partout et par tous les moyens, la queue à l'entrée fait peur....'reusement on a reservé sur le campamento, on passe donc par la case camping et de là on entre sans difficulté sur le site de la cumbre, qui se trouve à 1 petit kilomètre du site archéologique (que nous ne verrons pas, autant vous le dire tout de suite....honte à nous, je sais!)
Voici notre camp de réfugiés. C'était du grand luxe : lit de camps, draps, douches froides mais propres. Le truc vraiment pas évident c'était retrouver la tente à 3 du mat.....
Le festival a commencé depuis un bon moment déjà, sur la grande scène, il y a un groupe passablement naze qui affole une certaine jeunesse mexicaine. Le groupe s'appelle Zoé. La Laurie mexicaine. Bon.....que faire?
On cherche une bière : tous les stands de bière sont fermés (les bières sont là au frais, les vendeurs sont là qui papotent mais : interdiction de vendre).
Z'ont réussi à nous pondre une ley seca* le samedi soir du festival, hallucinant! Nous restait plus qu'à ressortir du site grace à notre bracelet magique rose fluo laisser-passer et à aller boire un coup dans la rue qui longe le site et où sont installés sur des kilomètres des vendeurs de tout et n'importe quoi, des bars improvisés, des petites échoppes de bouffes.
Quand on revient la musique sur la grande scène est toujours bien naze....on part à la recherche d'un autre concert : le site est grand, on était loin d'avoir tout vu.
On finit par trouver notre petit paradis.
Sous une grande tente, des nattes et des coussins, une déco ultra kitcho-baba-coolos et de la bonne musique : musique du monde pour arriver à mettre sous une même dénomination tous les groupes que j'ai vu sur cette scène. On a passé nos deux soirées sous cette tente avec des petites sorties pour, notamment, un concert de salsa sur la grande scène le dimanche soir (Willie Colon).
La même salle de jour le lendemain :
Bon, j'avoue, c'était un peu trop pour moi ce lieu : medicine traditionnelle, thérapies de groupe, Temascals, massages.....
Et partout sur le site de la cumbre, des expos, des spectacles, des danses, des ateliers de créations (dans la tradition totonaque.... ), des jeux, un mur d'escalade, des courts métrage, des stands de bouffes et de boissons....(Z'ont fini par alléger leur ley seca et afficher des horaires d'ouverture/fermeture pour les boissons alcoolisées : vente interdite de 20 h à 22 h......)
Voici qqs photos prises ça et là sur le site :
Et puis, j'ai enfin pu voir un spectacle de voladores totonaque : un genre de seau à l'élastique au ralenti. Ils sont 5 en en haut d'un grand mat. 4 s'attachent et s'enroulent à une corde, un cinquième debout tout là haut joue d'un petit tambour et d'une petit flute....en faisant des bonds sur une toute petite plateforme à 30 mètres de hauteur.
Steph ici en postition pour regarder les voladores :
Voilà c'était bien cool, un festival de musique mais aussi de traditions et de cultures. J'ai rencontré des gens sympas.
Et puis lundi matin après un bon petit déj il fallait repartir....en allant à la tente on a croisé Tonio, un copain de steph. Tonio et son pote nous ont proposé de nous ramener en voiture plus tard dans la soirée....Je l'ai vu venir de loin leur plan "on rentre plus tard" et sérieuse et raisonnable comme je suis, je suis partie prendre mon car, steph est restée. Elle n'était pas au boulot ce matin et pour cause : sont allés à la mer, sont restés au concert le soir, sont repartis le lendemain quand moi j'attaquais le boulot. Steph m'a laissé un texto "dis à Jean Louis que j'ai mangé des crevettes pas fraiches..."
Bon moi je dis qu'elle avait bien raison de rester, que j'en aurais bien fait autant mais que je suis instit et elle pas et que j'avais 15 niños qui m'attendaient et elle pas et que ....je suis vraiment trop CONNE!
Bref je suis rentrée en colectivo, car, parabus de mexico, car et ruta.
Dans le parabus de Mexico qui relie le terminal Norte à Tasqueña j'ai retrouvé Almitri qui nous avait hebergé le vendredi.
Assez fou de revoir la même personne trois jours plus tard par hasard dans une ville comme Mexico!
Dans ce parabus, j'ai compté pas moins de 7 personnes qui sont montées pour récupérer qqs pesos :
-un vendeur de chiklets à 1 peso le chewing gum
-un chanteur avec sa guitare (pas mal du tout ce qu'il faisait)
-un vendeur de recettes de cuisine à 10 pesitos le magazine
-un vendeur de nougat au cacahuètes
-un vendeur de "chocolats suisses à la tequila" à 5 pesos les 3 chocolats.
-un clown
-et un type qui vendait des dulces et qui était en cure de desintox....
Et un raton laveur.....(j'allais l'oublier, celui là!)

1 commentaire:
Quelle conscience professionelle !!
Chapeau bas !
Tu n'as pas trop flippé pour le retour toute seule ?
Sinon ce festival avait l'air génial. Dur de ré-attérir ensuite ... sur un gros scorpion. ;-)
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