29 avril 2008

Goran Bregovic

Dimanche 27 avril, Goran Bregovic donne un concert gratuit en plein air à Mexico!
Vu qu'on s'est mal démerdé et qu'on n'a pas réussi à obtenir de places pour les concerts payants en salle la semaine précédente (une panne d'électricité au moment de l'achat des billets...et le lendemain y a pu de billets...)

....cette fois-ci on y va, on va pas le rater...les pluies ont commencé, ça pourrait nous tomber sur la gueule mais bon....
Mais Goran Bregovic, ça s'mérite!.Il faut affronter quelques épreuves : D'abord notre autocar qui tombe en panne sur l'autoroute. Ensuite la compagnie de deux mecs à 5 grammes dans le deuxième car et ensuite plus incroyable.....la neige au Mexique!
Voici les preuves indubitables. Les motards s'arrêtent sur l'autoroute et se prennent en photos, le paysage est tout blanc.

En fait il s'agit de grêle mais on s'y croirait et les mexicains hallucinent au moins autant que nous.

Por fin, et après une brève halte à Coyoacan, on rejoint le centre de Mexico en taxi. Le concert commence à peine.
Grosse ambiance, grand concert.

Pour ceux (et vous êtes presque impardonnables..) qui seraient passés à côté des films de Kusturica, à écouter jusqu'au bout :
-extrait de la BO du Temps des gitans.

-extrait de la BO d'Underground.

(deux morceaux joués à Mexico parmi tant d'autres...2h30 de concert quand même!)

05 avril 2008

Topolobampo

Apres 5 heures de route pour retourner à Creel, une bonne dizaine d'heures de CHEPE (des paysages fabuleux tout au long du voyage), une nuit d'hotel (pourri) dans la ville (glauque) de Los Mochis, nous prenons un camion pour Topolobampo. Nous voulons voir la mer. C'est vraiment pas le plus bel endroit de la côte mexicaine, mais il y a des restaurants de poissons frais et de vieux chanteurs de chansons d'amour....
Nous sommes venus pour les mariscos et nous repartons repus. Paolo, premier servi est prêt à défendre son assiette....
Bon, on parlera plus tard, parce que là on mange et que, putain, c'est bon!
Petite excursion en lancha .....
pour voir les dauphins qui viennent nombreux s'abriter dans cet espèce de fjord...


Et retour à l'hotel en stop à l'arrière d'un pik-up. J'adore!
C'est la fin des vacances pour nous, on prend l'avion tôt le lendemain matin. Paolo et Carine continue leur route vers Guadalajara et la côte pacifique plus au sud....

[Crédits photos des derniers posts : Carine, Paolo et La chica]

Satevo

Satevo , 8km après Batopilas sur cette piste de terre qui remonte la rivière. Quelques maisons et une mystérieuse CATEDRAL PERDIDA, dont la construction remonte à une époque si lointaine qu'on ne sait pas la dater (sans doute la fin du XVIIè ). Mystère aussi de sa construction au fond d'un canyon désert loin de toute habitation...Arturo Aguilar, nous emmène en 4X4 jusqu'ici.
Nous faisons la connaissance de Adaneli qui échange avec Ricardo, trucs, tours, astuces et blagues....Epileptique du bout du monde....pas d'école, des médicaments couteux qui obligent à demander de l'argent à tous ceux qui passent, et un joli sourire....
Ricardo pas encore bien remis de sa crève, rentrera en voiture avec Arturo. Nous ferons un tour jusqu'au cimetière et remonterons la piste à pieds jusqu'à Batopilas. Ballade bien agréable ....sous le cagnard. Ici l'école primaire de Satevo!
Et sur le chemin du retour, grand cactus...
petite biquette.....

Et pont précaire....


04 avril 2008

Bienvenus à Batopilas! Bienvenus chez les narcos!

A 140 km au sud de Creel , le village de Batopilas nous attend au fond de la Barranca. 2 heures de route + 3 heures de piste périlleuse......nous descendons de 1800 m d'altitude dans un petit combi surchargé : le seul combi qui relie les deux villes une fois par jour.
Un arrêt pipi de fortune. Oubliez toute pudeur!
La vue est époustouflante! On aperçoit le fond du canyon tout en bas. La piste est étroite et les virages obligent parfois à la manœuvre...les roues du combi passent à raz du précipice....je suis un peu stressée mais il n'y a pas grand chose à faire que de s'en remettre au chauffeur...comme dans un avion.
Petite série pour la postérité et avant la descente infernale :
On arrive à la Buffa, tout petit village au fond d'une barranca de 1750 m. Petit arrêt, Carine et Paolo osent la pomme, j'attendrai la fin du rodéo pour remplir mon estomac de quoi que ce soit...
La piste continue et suit la rivière. Nous arrivons épuisés au bout du bout du monde : bienvenus à Batopilas, 1200 habitants. On quitte les pulls, les bonnets et les gants : fini la neige et les forêts de pins, ici climat tropical et arbres fruitiers.
Batopilas est un vieux village bien plus ancien que Creel (qui fête à peine ses 100 ans). Au XVIIIè siècle, c'était un village riche grâce à ses mines d'argent. Un américain venu exploiter les mines y installera une centrale hydroélectrique faisant de Batopilas la deuxième ville du Mexique a avoir l'électricité!!!!!!
Autant vous dire que notre sentiment est plutôt d'étre arrivés au bout du monde plutôt que dans une ville pionnière en matière d'avancée technologique!

Un pont suspendu relie les deux berges, nous l'empruntons prudemment. Des enfants et des femmes courent pour arriver à temps à la messe de l'autre côté du pont....
En bas du pont passent des ânes chargés de bois pendant que...
...un chauffeur de narco astique un 4X4 aux verres fumés.
Car ici nous sommes en terre narco entre les Etats du Sinaloa, de Chihuahua et du Sonora.
Dans la nuit qui précéda notre arrivée, il y eut une fusillade dans les rues de Batopilas (de nombreux habitants nous raconterons les évènements) : des policiers fédéraux venus chercher des narcos seront reçus par des tirs et repartiront les mains vides. Il faut dire qu'il est bien difficile d'arriver à Batopilas discrètement ! La seule route, nous l'avons prise et 5 heures pour arriver, ça laisse du temps pour prévenir ceux qui viennent se cacher ici.

Ricardo se fera suspecter par les commerçants d'être un fédéral, on sent la méfiance. Je suis son alibi.Ici il n'y a pas grand chose, quelques restaurants à la cuisine familiale et répétitive. Un bar en plein air où l'on trouve des caisses de bières y nada mas. A l'entrée de cet unique bar, cette annonce, assez révélatrice de l'atmosphère qui règne ici :

[entrée interdite aux personnes armées]
Pourtant ce village a des allures paisibles, la place, son kiosque, des enfants jouent au foot et des dessins sur les murs appellent à la fraternité.
Mais l'intérêt de Batopilas c'est bien sur son cadre. Partout où nous regardons, c'est beau et grand!
On restera 2 jours, le temps de faire une petite expédition jusqu'à Satevo....toujours plus loin...

Pour le retour à Creel, réveil à 4 heures du matin. Nous attendrons le bus dans la nuit. D'autres candidats au voyage lassés d'attendre un bus qui n'arrive pas retourneront se coucher dans leur hôtel. Nous tentons d'avancer sur la piste à la recherche d'un aventon (auto stop). Nous tomberons finalement sur notre bus dont le chauffeur ne s'était pas réveillé. On grimpe, il est vide, nous apprécions l'espace. Retour à toute berzingue sur cette même piste...il faut rattraper le retard!. La conduite est incroyable mais le chauffeur semble capable de rouler à 60 km/h les yeux fermés en flirtant avec le précipice....

16 mars 2008

La vida es un carnaval

Petit intermède musical :

15 mars 2008

El Devisadero

A une heure de Creel le Chepe fait escale à El Devisadero, au bord de la barranca del cobre, premier réel contact avec l'immensité de cette sierra et de ses canyons. Le train s'arrête 20 minutes, ça laisse peu de temps pour faire le tour du panorama. Il vaut donc mieux y aller depuis Creel en car, prévoir quelques heures sur place et revenir ensuite à Creel. C'est ce que nous avons fait une première fois pendant que Ricardo agonisait au fond de son lit....et puis nous sommes revenus avec lui en train 3 jours plus tard.
A la gare, des stands de bouffe et d'artisanat et puis ...
on descend quelques mètres ce petit passage bordé d'échoppes et ....
elle est là magique, impressionnante : La Barranca.
et ses canyons d'une profondeur pouvant atteindre 1 700 mètres. Le grand canyon des États Unis n'a qu'à aller se rhabiller. L'ensemble est quatre fois plus étendu que le Grand Canyon du Colorado et neuf de ces barrancas sont plus profondes (petite fierté mexicaine, toujours bonne à prendre face à cet écrasant voisin!!!!)


Un chemin permet d'admirer la barranca depuis différents points de vues, certains sont bien vertigineux . Paolo s'aventurera partout au dessus du vide...
...je ferai quelques tentatives, un peu crispée...
Nouvelle épreuve : le pont suspendu
C'est moi, si si c'est moi, juré!