A 140 km au sud de Creel , le village de Batopilas nous attend au fond de la Barranca. 2 heures de route + 3 heures de piste périlleuse...

...nous descendons de 1800 m d'altitude dans un petit combi surchargé : le seul combi qui relie les deux villes une fois par jour.

Un arrêt pipi de fortune. Oubliez toute pudeur!

La vue est époustouflante!

On aperçoit le fond du canyon tout en bas. La piste est étroite

et les virages obligent parfois à la manœuvre...les roues du combi passent à raz du précipice....je suis un peu stressée mais il n'y a pas grand chose à faire que de s'en remettre au chauffeur...comme dans un avion.
Petite série pour la postérité et avant la descente infernale :

On arrive à la Buffa, tout petit village au fond d'une barranca de 1750 m. Petit arrêt, Carine et Paolo osent la pomme, j'attendrai la fin du rodéo pour remplir mon estomac de quoi que ce soit...

La piste continue et suit la rivière. Nous arrivons épuisés au bout du bout du monde : bienvenus à Batopilas, 1200 habitants. On quitte les pulls, les bonnets et les gants : fini la neige et les forêts de pins, ici climat tropical et arbres fruitiers.

Batopilas est un vieux village bien plus ancien que Creel (qui fête à peine ses 100 ans). Au XVIIIè siècle, c'était un village riche grâce à ses mines d'argent. Un américain venu exploiter les mines y installera une centrale hydroélectrique faisant de Batopilas la deuxième ville du Mexique a avoir l'électricité!!!!!!
Autant vous dire que notre sentiment est plutôt d'étre arrivés au bout du monde plutôt que dans une ville pionnière en matière d'avancée technologique!


Un pont suspendu relie les deux berges, nous l'empruntons prudemment. Des enfants et des femmes courent pour arriver à temps à la messe de l'autre côté du pont....

En bas du pont passent des ânes chargés de bois pendant que...


...un chauffeur de narco astique un 4X4 aux verres fumés.

Car ici nous sommes en terre narco entre les Etats du Sinaloa, de Chihuahua et du Sonora.
Dans la nuit qui précéda notre arrivée, il y eut une fusillade dans les rues de Batopilas (de nombreux habitants nous raconterons les évènements) : des policiers fédéraux venus chercher des narcos seront reçus par des tirs et repartiront les mains vides. Il faut dire qu'il est bien difficile d'arriver à Batopilas discrètement ! La seule route, nous l'avons prise et 5 heures pour arriver, ça laisse du temps pour prévenir ceux qui viennent se cacher ici.
Ricardo se fera suspecter par les commerçants d'être un fédéral, on sent la méfiance. Je suis son alibi.

Ici il n'y a pas grand chose, quelques restaurants à la cuisine familiale et répétitive. Un bar en plein air où l'on trouve des caisses de bières y nada mas. A l'entrée de cet unique bar, cette annonce, assez révélatrice de l'atmosphère qui règne ici :
[entrée interdite aux personnes armées]Pourtant ce village a des allures paisibles, la place, son kiosque

, des enfants jouent au foot et des dessins sur les murs appellent à la fraternité.

Mais l'intérêt de Batopilas c'est bien sur son cadre. Partout où nous regardons, c'est beau et grand!

On restera 2 jours, le temps de faire une petite expédition jusqu'à Satevo....toujours plus loin...
Pour le retour à Creel, réveil à 4 heures du matin. Nous attendrons le bus dans la nuit. D'autres candidats au voyage lassés d'attendre un bus qui n'arrive pas retourneront se coucher dans leur hôtel. Nous tentons d'avancer sur la piste à la recherche d'un aventon (auto stop). Nous tomberons finalement sur notre bus dont le chauffeur ne s'était pas réveillé. On grimpe, il est vide, nous apprécions l'espace. Retour à toute berzingue sur cette même piste...il faut rattraper le retard!. La conduite est incroyable mais le chauffeur semble capable de rouler à 60 km/h les yeux fermés en flirtant avec le précipice....