Premier contact avec les Tarahumaras dans les rues de Chihuahua :

Mais c'est à Creel qu'on verra des femmes et des enfants, nombreux, venus vendre de l'artisanat aux touristes qui, comme nous, font halte dans cette petite ville de la sierra.


A El divisadero (voir post suivant), arrêt très touristique et non moins impressionnant, les femmes et les enfants proposent aussi leur artisanat : de la vannerie, des objets sculptés sur bois, des châles....


Les femmes portent de larges jupes plissées et des chemisiers aux couleurs vives. Elles marchent pieds nus dans des sandales en cuir et en caoutchouc de pneu de voiture recyclé.
La sierra n'est pas la côte Caraibe. Les températures descendent aisément au-dessous de O°C!

Des femmes, des enfants....où sont les hommes? En fait on en verra bien peu et il faudra pour cela nous enfoncer dans la sierra. A Batopilas (voir plus loin) nous en rencontrerons : coupe de cheveux au bol, pagne blanc en forme de triangle et chemises très amples à manches longues. Ils portent les mêmes sandales que les femmes.

Ici un père et sa fille descendent de l'arrière d'un camion pour monter dans notre "car" qui fait le trajet entre Batopilas et Creel. Il est 6 heures du matin, nous sommes au milieu de nulle part.

Les tarahumaras sont environ 50 000. Ils peuplent les nombreux canyons de la sierra, un des endroits les plus reculés du Mexique. Sans doute cet isolement explique-t-il pourquoi les traditions sont si bien gardées...mais il explique aussi sans doute la très grande misère dans laquelle vit ce peuple. Qui vient jusqu'ici les aider? Quelques missionnaires et ? ???Les tarahumaras n'intéressent sans doute que quelques linguistes comme mon frère, ethnologues...ou artistes borderlines en quête de spiritualité à la Antonin Artaud qui passera l'année 1936 parmi eux.
Les tarahumaras mènent une vie semi nomade. Pas vraiment de villages. Des cabanes disséminées dans la sierra et des grottes ça et là.
La première famille que nous rencontrons au fond de la barranca après Satevo (voir plus loin) vit dans une petite cabane en bois de 4 mètres carrés tout au plus. Le mari, ses deux épouses, leurs enfants....ils sont 8.

Avant de venir s'installer dans cette cabane, ils vivaient dans une grotte comme de nombreux tarahumaras. (nous avons ainsi rendu visite à une famille dans une grotte près de Creel...). Personne ne parle espagnol sauf le mari qui comprend quelques mots. Les enfants ne vont pas à l'école, trop loin.....

Plus loin nous rencontrons ces deux enfants.

Et nous atteignons la cabane de leurs parents. Ici il y a un réservoir d'eau (offert par un politicien local contre leur vote). On aurait presque une impression de confort.

La mère à l'entrée tresse une natte qu'elle vendra 200 pesos pour un mois de travail....(et dire que le futur acheteur marchandera le prix...)

La viande sèche au soleil sur le toit de la maison....

"jenesaisquoi" mijote sur le feu...

Et le bébé dort dans son mini hamac...

Les deux enfants croisés plus loin reviennent à la maison . Ricardo leur offrira quelques minutes de caresses dans les cheveux....la petite restera là plantée savourant ce contact physique...


Chez une autre famille, la mère racontera que son petit carré de marijuana a été fauché dans la nuit et qu'elle a ainsi perdu son revenu de l'année. Nous sommes ici en terre narcos...cultiver de la marijuana est une source de revenus sur laquelle on ne crache pas quand on vit dans ce dénuement. D'autres cultures comme le maïs et les haricots assurent la survivance alimentaire...
Les tarahumaras s'auto-appellent les Raramuris "ceux qui ont les pieds légers". La course d'endurance fait partie de la culture. Ils organisent des rallyes à travers les canyons escarpés parcourant sans s'arrêter 60 km ou plus!!!!! Pour chasser, ils poursuivent le daim jusqu'à épuisement de la bête!!!!
Leur religion est un mélange de chamanisme et de catholicisme. Les sorciers consomment le peyotl (hallucinogène provenant d'un cactus) au cours des cérémonies religieuses.
La rencontre avec les tarahumaras est un choc pour nous tous. Jamais encore je n'avais rencontré une telle misère, un monde aussi à part.
1 commentaire:
A la fois passionnant et bouleversant
Merci
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