De Palenque, suivez la Carretera Fronteriza qui longe la frontière avec le Guatemala. 3 heures de route magnifique pour arriver à Frontera Corozal, un bled affreux qui s'étend sur des km2, avec de larges avenues de terre. Il n'y a rien, pas un troquet, pas une mobylette, juste un vieux taxi et 2 hotels : un hotel-cabañas plutot miteux, un autre plus correct sur les bords du rio Usumacinta qui forme la frontière avec la Guatemala. Frontera Corozal est un Ejido lacandon, à peine sorti de son isolement, il s'ouvre doucement au tourisme. Ici les habitants parlent peu espagnol, on ne vend pas d'alcool et comme le dit la carte du seul restaurant, on ne sait pas encore bien comment accueillir le touriste et on s'en excuse....
Le bled est affreux mais les berges du fleuve sont magnifiques. Des lanchas attendent pour vous emmener à Yaxchilan.....



On part au petit matin, dans la brume. 2 mexicains, genre Perez y Perez (version locale de Dupond et Dupont) partagent notre lancha.
1 heure et 22 km pour remonter le fleuve, à gauche le Mexique, à droite le Guatemala. Ici c'est kif kif bourricot, la jungle des deux cotés. Et on s'dit qu'il vaudrait mieux pas tomber en panne de moteur, qu'il doit y avoir des crocodiles et pas grand monde pour nous entendre!

Gilles fait la gueule mais il est content, en fait........c'est qu'il a froid! Il n'a pas pris sa petite laine.

Et nous voilà arrivés. Un escalier monte et s'enfonce dans la jungle vers la cité du Pajaro Jaguar : Yaxchilan.

Moi j'ai adoré! On se sent tout perdu, tout petit dans un autre monde, transporté 1400 ans en arrière au fin fond de la jungle. Et puis il n'y a personne, nous sommes les premiers sur le site.....les moustiques et les singes habitent les lieux

En levant la tête, on les voit qui s'agitent et se balancent dans les arbres : des singes araignées!






Nous repartons quand la foule arrive....la foule,... enfin.... une trentaine d'intrepides tout au plus!

Nous traversons le fleuve avec la même lancha pour rejoindre le Guatemala et le petit village de Bethel. Impression glauque, on ne traine pas, on change quelques pesos pour des Quetzals et on grimpe dans un combi direction Flores.

Le Guatemala est devenu un pays dangereux, et il vaut mieux éviter de trainer la nuit dans un petit village. Remi en aura fait les frais : poursuivi à 1 heure du matin par un type avec une machette.....la peur de sa vie!
En fait, en plus des problèmes internes au pays, le Guatemala subit la violence importée du Mexique. Les cartels mexicains ayant peu ou prou pris le controle du pays, l'armée guatemaltèque n'a pas les moyens de s'opposer à ces groupes surarmés et pleins de dollars...
Bref, ici encore plus qu'au Mexique, la loi et l'autorité sont absents et ça se sent....